Histoire de l'âne

                    Napoleon sur mule Napoléon sur sa mule

 

Origines préhistorique et historique de l'âne

 

C'est au Pléistocène (il y a environ un million d'années) qu'apparurent les premiers équidés. Les données morphologiques, alliées à des éléments de caryologie, permettent d'assurer qu'il existe à l'heure actuelle trois rameaux principaux représentés par les chevaux, les ânes et les zèbres, dérivés successivement de l'Equus du Quaternaire (LANGLOIS, 1973).

Quoique les vestiges de l'existence du cheval et de certains asiniens à l'époque préhistorique soient assez nombreux, l'utilisation de ces animaux fut plus tardive et leur hybridation est certainement postérieure au néolithique ou période de la pierre taillée.

Tous les équidés, dont les ânes font partie, sont originaires d'Amérique. Pour arriver en Asie, ils ont traversé la mer "à pied". 

En effet, il y a très, très.... longtemps, le Détroit de Béring, au large de l'Alaska, était entièrement gelé. Il y a 10 000 ans, il n'y avait plus un seul âne en Amérique. Ce sont des explorateurs comme Christophe Colomb qui les ont ramenés sur leurs bateaux. 

L'âne aurait été domestiqué il y a plus de 5000 ans en Ethiopie, mais la localisation précise des premières domestications reste toujours un mystère, malgré l'hypothèse que l'âne aurait été initialement domestiqué en Afrique du Nord Est. Selon les auteurs, elle serait antérieure ou postérieure à celle du cheval. La question est difficile à résoudre. Il serait plus exact de dire qu'il n'a pas été primitivement utilisé dans la même aire géographique que le cheval. Il existait en Grèce, au temps d'HOMERE (Iliade, Liv XI). HEREDOTE dit que, dans l'armée de XERXES, " les Indiens se servaient tant de chevaux de selle que de chars attelés de chevaux et d'ânes sauvages ". L'âne est figuré sur les plus anciens monuments d'Egypte et il fait partie des objets que le pharaon donne à Abraham. Ainsi, PIETREMENT écrit en 1870 : " les enseignements de l'histoire ne laissent aucun doute sur les lieux de la première domestication de l'âne ; ce sont les chaudes contrées aux environs de la mer rouge et des rivages du Sud-Est de la Méditerranée ".

LINNE et CHARDIN placent en Arabie le berceau de la race asinienne. De là, elle serait descendue en Egypte, puis en Grèce, de Grèce en Italie et de l'Italie en Gaule. Les ânes se sont vite répandus dans le sud de l'Europe, surtout dans les pays méditerranéens en raison de leur résistance et de leur sobriété. Ce ne serait que plus tard qu'ils auraient été conduits dans la partie septentrionale de l'Europe.

Ainsi dispersé sous différents climats, puis soumis à la domestication au cours du quatrième millénaire avant Jésus Christ, l'âne, par une ségrégation intra-spécifique est à l'origine des races variées que l'on retrouve aujourd'hui (AUDIOT, 1977).

Cependant, il semble que le berceau d'origine de l'âne se situerait en Arabie, d'où il serait descendu en Egypte, puis en Grèce, en Italie et en Gaule. Les ânes de Nubie et de Somalie sont probablement les ancêtres de notre âne domestique. 

Nubie 1b 1 Somalie 1
Âne de Nubie Âne de Somalie

 

Dans les années 70, il a failli disparaître de nos campagnes, mais aujourd'hui on le revalorise. Mais s'il a pu traverser les âges en restant en vie malgré ses conditions de domestication, c'est peut-être parce que l'âne d'un naturel curieux, a une forte capacité d'adaptation tout en restant égal à lui-même.

Son histoire est liée à celle de l'Homme : l'âne nous renvoie à une complicité forte de longue date. Longtemps il a subi notre tourment alors qu'il est l'animal nous ayant le plus servi dans nos échanges. Il a été et est encore dans certains pays, un lien économique et social fort.

Au niveau symbolique : l'âne a été médiatisé sous toutes les coutures : tantôt bafoué et dénigré, il est têtu et diabolique ; tantôt sacralisé, il est l'image de l'humilité et de la modestie (l'âne de Balaam, l'âne des rameaux). 

 Histoi1

 

Animal du désert africain, l'âne fut le premier à prendre le relais du bœuf pour tirer les chars des Sumériens au IIIe millénaire avec Jésus-Christ. Ce n'est qu'au début du IIe millénaire qu'il céda sa place au cheval. Moins rapide et moins porteur, il est toutefois très endurant et plus agile que le cheval, surtout sur les terrains escarpés. En zones semi-désertiques, il a l'avantage d'être plus sobre.

Avant la domestication du cheval, l’âne jouissait d’une réputation sans égale. Animal familier de la Bible, il figurait à côté du bétail dans l’évaluation des richesses, et son statut est sur bien des points comparable à celui du bœuf : il est interdit de le faire travailler le jour du sabbat, ou de le maltraiter, même s’il appartient à un ennemi.

L’âne médiéval, comme l’âne biblique, est un animal qui travaille : il porte les hommes, les bagages et les marchandises, il tire des charrois, il fait tourner la roue des moulins et des pressoirs, il foule les grains. Ils portent aussi des sacs de grains qu’ils transportent de l’Egypte vers le pays de Canaan. Leurs oreilles pointues et l’absence de crinière interdit de confondre ces ânes avec des chevaux.

La fête de l'âne était célébrée dans certaines villes la veille de Noël ou au cours des secondes vêpres le 25 décembre : en souvenir de la fuite en Egypte, une jeune fille tenant un enfant dans ses bras pénétrait dans une église à dos d'âne. Pendant la messe, toutes les prières se terminaient alors par "hi-han". L'Église a rapidement interdit ces célébrations qui prenaient un caractère obscène.

Histoi2

 

Selon les religieux, la croix qu’il porte sur l’échine l’apparenterait au Christ durant la Passion.  Dans les bestiaires du Moyen Age, on le trouve « stupide et presque aveugle à cause de la surabondance de forces dont il dispose pour la fornication ».  

Les expressions, mythes et symboles liés à l’âne sont si nombreux et variés, en fonction des cultures et des périodes, qu’il est difficile de définir avec précision la représentation exacte de l’âne. Tantôt adulé, tantôt bête de somme au service de l’homme, il reste porteur d’une richesse culturelle rare.

L'âne a souvent été utilisé dans la publicité pour de grandes marques : le dentifrice GIBBS, Nestlé, le champagne Cordon Rouge, Kodak, etc...

003b histoire ane

 

Utilisé aussi pour les loisirs : villes balnéaires, parcs d'attraction et autres lieux touristiques, les ânes attelés et montés promenaient et promènent toujours les touristes.

Les populations d’ânes qui vivent actuellement à l’état libre sont, dans la grande majorité des cas, issues d’animaux domestiqués échappés ou relâchés et qui se sont reproduits librement.

Hemione 1b
Hémione vraie

 

Toutefois, il subsiste encore quelques animaux d’origine sauvage, comme l’âne de Somalie, localisés dans le désert d’Ethiopie et en Somalie, ou comme les Hémiones eux aussi très menacés.  

La plupart des recherches ont été menées sur des populations dans le Sud-ouest des Etats-Unis, alors que les populations d’Australie, pourtant très nombreuses n’ont suscité qu’un faible intérêt.  

Il étaient un million en France au début du siècle, 35.000 il y a une douzaine d’années, 12.000 aujourd’hui. 

 

L'âne d'antan L'âne d'aujourd'hui

 

 

Pour rappel : ces données ne sont qu'à titre informatif et n'engagent aucunement la responsabilité de l'auteur.

 

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Date de dernière mise à jour : 21/01/2015